On me trouve parfois dur à l’endroit des travailleurs autonomes et j’aimerais vous en expliquer la raison.

Je n’ai personnellement rien contre eux. Au contraire, j’interagis au quotidien avec plusieurs qui donnent un excellent service, tout comme le fait l’employé de la boulangerie du coin.

Ce n’est pas un jugement, c’est purement une question de logique basée sur mes expériences, celles de mes clients ainsi que sur des faits.

L’évolution a fait de nous ce que nous sommes devenus dans l’humanité, et a fait en sorte que nous ayons survécu des milliers d’années. C’est la même chose en business !

Un entrepreneur cherche à bâtir une entreprise qui va lui survivre. Dans le cas contraire, c’est un job comme un autre, et ce, peu importe le nombre d’heures investies.

Si vous saviez le nombre d’entreprises que j’ai vu fermer en raison de l’incapacité du propriétaire à se sortir des opérations. Lorsque c’est le cas, c’est que l’entrepreneur est en mode survie et qu’il s’est créé un job en ayant bien souvent le pire des patrons : lui-même.

Rappel important. Au Québec,

  • une entreprise sur deux survit deux ans ;
  • une entreprise sur trois atteint les cinq ans ;
  • et moins d’une entreprise sur dix passe le cap des dix ans.

Ce n’est pas pour rien que plusieurs grandes entreprises ne font pas affaire avec des entreprises en démarrage, avec des travailleurs autonomes ou encore avec des entreprises ayant moins de cinq employés. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les donneurs d’ordres. 

Si vous ne le saviez pas, alors l’abcès est crevé. Bienvenue en affaires.

C’est purement une question de gestion du risque et de continuité des opérations.

Les petites entreprises ainsi que les travailleurs autonomes n’ont généralement pas la structure et les processus nécessaires pour assurer la pérennité de leurs opérations en cas d’imprévus. Ça se transforme en risques inacceptables pour certains de leurs clients potentiels.

Ben oui, encore les processus.

C’est important de le comprendre si vous désirez changer de catégorie de clients.

La valeur d’une entreprise réside dans la qualité de sa clientèle et dans la récurrence des contrats qui en découlent, et non en raison d’un attachement émotif envers un seul individu. Autrement, vous vous êtes créé un emploi en évitant de réellement bâtir une entreprise.

À ce propos, je connais un paquet de consultants et de solopreneurs avec une mentalité d’entrepreneurs qui ont un bureau dans leur sous-sol, et non pignon sur rue sur le boulevard Laurier. Le succès ne se mesure pas à l’adresse de son bureau, mais aux gestes que l’on pose comme entrepreneur pour évoluer. Et pour accroître ses affaires en gardant en tête leur continuité.

Selon moi, un entrepreneur amène son entreprise le plus loin possible et fait évoluer son modèle d’affaires en fonction de ses objectifs et du marché dans lequel il se situe.

Il ne cherche pas des excuses pour se justifier d’agir de façon réactive et intuitive. Il passe à l’action en fonction de sa vision et de ses objectifs d’affaires.

C’est une question d’attitude, de vision et d’action.

Le choix vous appartient.

Les gens qui se sentent heurtés dans ce dilemme sont ceux qui sont conscients de ne pas poser les bons gestes pour passer à un autre niveau.