« Alex, je sais que tu es débordé présentement, mais peux-tu répondre à ma question svp : comment fais-tu pour accomplir ce que tu dois faire lorsque tu es submergé par les tâches à effectuer ? »

Marie-Ève, une de mes partenaires, m’a posé cette question lors de notre dernier échange.

Ma réponse courte l’a un peu déçue…

– Je priorise…

– Oui, je comprends le concept… mais concrètement, qu’est-ce que TU fais lorsque tu es débordé comme tu l’es actuellement ?

Marie-Ève ne voulait pas que je lui explique la différence entre l’importance et l’urgence ou encore que je lui présente les astuces de base de la gestion du temps, dont la délégation… Elle voulait savoir comment JE me comportais réellement comme entrepreneur lorsque j’avais trop de travail.

C’est à ce moment que je lui ai annoncé que je reportais le départ de la prochaine Cellule de propulsionMC de sa région, car j’avais justement d’autres chats à fouetter dans l’immédiat.

Marie-Ève, je priorise…

Lorsque je suis dans une situation qui est humainement difficile à concrétiser en fonction de mon rythme de vie et de mon temps de travail disponible, je commence par reporter à plus tard ce qui n’est pas prioritaire pour moi à court terme. 

Ensuite, ma position par défaut est : « Non, pas maintenant ». Je renonce donc à toutes les opportunités non planifiées, et ce, peu importe la source, en mentionnant de me recontacter dans trois mois. D’une pierre deux coups, je valide ainsi le sérieux et le professionnalisme de mon interlocuteur en vérifiant s’il effectue ses suivis (ça me jette à terre de constater à quel point de nombreux entrepreneurs manquent de rigueur dans leurs suivis).

J’effectue aussi un blitz temporaire pour augmenter le nombre d’heures travaillées par semaine. Il faut comprendre que je travaille dans mes entreprises environ 45 heures par semaine. Lorsque je fais un blitz, je travaille 10 heures de plus. L’esprit du blitz peut bien se résumer par la maxime « No rush, no fun ! », comme dirait Michel Ross, mon associé à la CAEQ.

Ce blitz de 10 heures, c’est une question d’efficacité pour moi parce que si je travaille plus de 58 heures par semaine, je ne suis plus du tout productif et ça me prend deux fois plus de temps pour accomplir la même chose. L’entrepreneur ne doit pas se brûler et se claquer un burn-out. Il doit travailler intelligemment. Prioriser. Work smart.

Ceci dit, il y aura toujours des dommages collatéraux. Il y aura nécessairement des insatisfaits parce que je les aurai négligés ou encore que j’aurai volontairement repoussé une tâche à effectuer. Ça peut être des clients, des partenaires, des fournisseurs, des associés, des employés… Il faut donc apprendre à gérer les attentes de toutes les parties prenantes et tant pis pour ceux qui ne fittent pas dans mon scénario de film immédiat.

Il m’arrive même de retirer des offres à des clients parce qu’ils n’ont pas signé assez rapidement. Next. Ce n’est pas du tout personnel, mais j’ai d’autres enjeux plus importants. Et je n’ai pas le temps de niaiser avec des « peut-être » et « on verra ».

Il faut être conscient qu’une forte croissance passe en général par une légère perte de contrôle et que l’on a des concessions à faire pour continuer d’avancer. Il faut donc assumer l’imperfection occasionnée par ces situations.

Quelles concessions êtes-vous prêts à faire pour faire avancer vos affaires ?