« Alex, je suis extrêmement heureux ! Nous vivons une croissance accélérée de notre entreprise… »

Ayant déjà prodigué des conseils à Jean, un entrepreneur du domaine alimentaire, je sais que je dois jouer le rabat-joie de service dans ce type de circonstance.

– Jean, as-tu mis en place les astuces dont nous avons discuté l’an dernier ?

– Pas complètement.

– Alors tu n’es probablement pas en croissance, mais plutôt en faillite accélérée.

– Franchement Alex, nos ventes explosent.

– Il ne faut pas confondre l’augmentation des ventes et la croissance de l’entreprise. Ton entreprise saignait abondamment l’an dernier… j’imagine que tu vas manquer d’argent d’ici un mois et que c’est pour cette raison que tu me contactes ?

– Comment le sais-tu ?

– C’est simple, tu n’as pas mis en place ce dont nous avions convenu pour te faire vivre une vraie croissance accélérée.

Comme je le croyais, l’entreprise de Jean connaissait une augmentation de ses ventes au détriment de sa profitabilité et de son cash flow. Il n’avait pas l’argent pour assurer la croissance de ses activités. Chaque vente supplémentaire le rapprochait un peu plus de sa tombe entrepreneuriale, car il n’avait pas optimisé ses affaires au préalable.

Voici quelques questions à se poser avant de vivre une croissance accélérée de ses affaires :

1) Est-ce que je connais bien mon coût de revient, incluant les frais fixes ? (La majorité des entrepreneurs ne savent pas le calculer adéquatement en passant.)

2) Est-ce que le tarif facturé aux clients me donne une marge de profit suffisante pour poursuivre la croissance ?

3) Est-ce que je suis en mesure d’engranger de l’argent avant de payer mes dépenses ?

4) Dois-je revoir les modalités de paiement pour stabiliser les liquidités de mon entreprise ?

5) Ai-je besoin de financement supplémentaire pour assurer mon fonds de roulement ?

6) Ai-je besoin de recourir à l’assurance-crédit pour diminuer les risques associés aux comptes clients ?

7) Est-ce que ma capacité de production peut supporter une hausse des ventes ? Jusqu’à combien de ventes supplémentaires pouvons-nous supporter avant de devoir réinvestir dans nos équipements et immobilisations ?

8) Est-ce que mes processus de production sont clairs et optimisés ?

Un entrepreneur intuitif va réagir une fois les deux pieds enfoncés dans la bouette, alors qu’un entrepreneur proactif va relever la tête avant de s’embourber.

Oui, il y a presque toujours des solutions. Mais pourquoi ajouter des casse-têtes supplémentaires ? On en a déjà assez comme ça, non ?

Posez-vous les bonnes questions AVANT d’agir comme une poule pas de tête.