– Alex, j’ai proposé à mon client de faire un échange de services pour pouvoir signer le deal.

– Pourquoi Marie-Pier ? Je ne crois pas que tu aies besoin de ce type de service à court terme…

– Non, mais je voulais combler les places pour la formation que j’offre la semaine prochaine.

– Tu as besoin de cash présentement. Tu n’as pas besoin de consommer des services qui deviennent une nouvelle source de distraction et te font dévier de ton plan de match. Surtout que de mémoire, tu as offert le même deal à tous les autres participants…

Marie-Pier, entrepreneure au début de la cinquantaine, agissait dans cette situation encore comme un entrepreneur en démarrage, alors qu’elle cumule plus de 10 ans d’expérience à la barre de son entreprise.

Nous avons tous des démons qui nous empêchent de progresser au bon rythme et qui nous font agir en fonction de situations passées alors que tout le reste a changé.

Les relents de nos expériences et de nos comportements passés dictent trop souvent notre façon de penser, de réagir et d’agir.

Un entrepreneur, tout comme une entreprise, doit évoluer.

Cette évolution est souvent inconfortable et même douloureuse. Il y a parfois même une remise en question de l’identité de l’entrepreneur.

Il y a des sacrifices ou des concessions à faire constamment pour continuer d’avancer.

En tant qu’entrepreneurs, nous devons souvent faire face à des choix difficiles :

  • Cesser la fabrication d’un produit ;
  • Mettre à pied des employés ;
  • Sacrifier une partie de ses profits ;
  • Réinvestir massivement ;
  • Travailler plus d’heures pendant quelques mois ;
  • Laisser passer une opportunité prometteuse ;
  • Vendre son entreprise ;
  • Etc.

Il faut donc régulièrement rompre avec notre passé et faire du ménage dans nos affaires afin d’éliminer le plus de distractions possible. De plus, il faut savoir se recentrer sur nos zones d’excellence et développer les compétences qu’il nous manque afin de poursuivre adéquatement notre parcours.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, mon pire démon est ma propension à m’éparpiller sur plusieurs projets.

Plusieurs d’entre vous le savent, j’ai rarement des tiraillements lorsque je prends des décisions. Il m’est extrêmement facile de trancher et de passer ensuite à autre chose étant donné la clarté de ma vision d’affaires.

Cependant, environ une fois par année, il survient une situation qui me fait douter et je joue alors à l’autruche… Mon premier réflexe quand cela se produit, comme pour la majorité des entrepreneurs, c’est de renoncer à prendre une décision et de conserver le statu quo en croyant que la situation va se placer avec le temps.

Éviter de prendre une décision est, selon moi, lâche.

Souvent, on sait ce que l’on doit faire : quelle est la bonne décision à prendre, quel est le changement à apporter… mais on hésite.

On est souvent tiraillé parce que l’on sait que l’on a une décision difficile à prendre et on a peur des conséquences potentielles.

Chaque fois que ça m’arrive, je demande l’avis de trois à quatre personnes qui me connaissent bien pour me conforter dans mes choix.

Le changement est toujours inconfortable, mais nécessaire.