J’étais allé passer quelques jours en famille dans la région de Thetford Mines afin de participer à la porte ouverte organisée par un des clients de la CAEQ.

William Leclerc est propriétaire d’Ebenor Percussion et connaît une croissance fulgurante, son entreprise fabriquant des drums sur mesure pour les batteurs de groupes de musique reconnus d’ici et d’ailleurs. Son modèle d’affaires a évolué et la structure mise en place avec ses employés lui permet de se distinguer des concurrents de son domaine. Cette porte ouverte était donc pour moi une occasion de visiter sa nouvelle usine dont nous avions discuté au cours des mois précédents.

Cependant, dans les jours précédant l’événement, je traînais de la patte. Le samedi, veille de la porte ouverte de William, je me suis mis à me sentir vraiment mal et à clairement faire de la fièvre, en plus d’avoir un solide mal de tête. Une combinaison de Tylenol et d’Advil m’avait permis d’être tout de même fonctionnel une bonne partie de la journée, au point de croire que j’allais relativement bien.

Mais vers le milieu de l’après-midi, j’ai recommencé à ne pas me sentir très bien…

Depuis cinq jours, je n’avais pas vraiment travaillé en raison de cet état de mal-être, et j’en étais arrivé à faire 39,9 °C de fièvre. J’ai donc décidé de me présenter à l’urgence.

Lors du triage, l’infirmière m’a fait une drôle de face lorsque je lui ai énuméré tous les symptômes que j’avais eus depuis le samedi soir précédent, sans vraiment y porter attention.

Je me préparais donc à un bon huit heures d’attente en raison du nombre de patients dans la salle, dont deux jeunes enfants. J’avais un livre ordinaire entre les mains et j’échangeais par texto avec de mes collaborateurs. Mais surprise, j’ai entendu mon nom être appelé peu après m’être assis afin de me présenter au bureau du médecin.

À ce moment, j’ai eu une double réflexion : « Good, ça va aller vite… » « Ouin, ce n’est peut-être pas un bon signe… »

Après avoir répété au médecin tout ce que j’avais déjà énuméré à l’infirmière, il m’a demandé d’enlever tous mes vêtements sauf mon caleçon et m’a examiné sous tous les angles.

Il s’est finalement exclamé : « Monsieur Vézina, vous avez soit une pneumonie et/ou la H1N1 (la fameuse grippe aviaire…). Nous allons vous faire passer une radiographie des poumons immédiatement, et une infirmière va ensuite vous escorter dans une salle indépendante. »

Dix minutes plus tard, j’étais en isolation dans une chambre de l’urgence avec une jaquette d’hôpital, un soluté branché dans mes veines et on m’avait déjà fait passer une batterie de tests en m’informant qu’il était presque certain que je dormirais là au moins une nuit.

C’est alors que j’ai fait exactement ce qu’il ne faut pas faire.

J’ai effectué une recherche sur internet afin d’en apprendre davantage sur ce qu’est une pneumonie.

Selon mon diagnostic, j’avais une pneumonie virale

« La pneumonie virale | La moitié des pneumonies sont d’origine virale. Les virus causent des infections plus ou moins banales des voies respiratoires supérieures ce qui peut mener à la pneumonie, surtout chez les enfants. La plupart des pneumonies virales sont localisées et peu étendues. Elles sont souvent moins graves que les pneumonies bactériennes à l’exception de la pneumonie virale causée par le virus de la grippe : Influenza. Elle est très grave et peut être fatale. » Source : https ://pq.poumon.ca/maladies/pneumonie/

Je vous épargne toutes les statistiques sur les décès qui en découlent, mais à ce moment-là, j’étais plus à risque de ne pas passer à travers, SURTOUT si c’était causé par la grippe aviaire…

Je vous suggère donc la réflexion que j’ai eue à ce moment : « Si je meurs demain matin, est-ce que mes affaires sont en ordre ? »

Nous avons une responsabilité en tant qu’entrepreneurs de nous assurer que notre entreprise nous survive pour le bien des parties prenantes (clients, fournisseurs, employés, partenaires, institutions financières, investisseurs, communauté…).

J’ai vécu ce que l’on appelle un reality check.

J’ai donc fait une analyse rapide des risques que je courais en ce sens, et j’ai préparé une checklist de points auxquels je devais être en mesure de répondre de façon satisfaisante, que je vous partage.

Si je décède ou que je deviens invalide :

  • Qu’arrive-t-il avec mes comptes, mes marges de crédit, mes cartes de crédit (entreprise et personnels) ?
  • Est-ce que ma convention entre actionnaires est signée avec mes associés ?
  • Ai-je un testament ?
  • Ai-je un mandat d’inaptitude ?
  • Est-ce que mes processus sont assez clairs pour qu’une tierce personne prenne rapidement ma place et mon rôle ?
  • Est-ce que mes contrats stratégiques sont rattachés à l’entreprise ?
  • Ai-je des assurances reflétant les risques financiers que je cours actuellement ?
  • Qui s’occupera de faire le suivi avec mes clients concernant les livrables ?

Ne négligez pas d’évaluer les risques que vous prenez et de poser des actions en conséquence.

P.-S. J’ai eu finalement une bonne pneumonie.